UN MYTHE TENACE

Les Templiers étendent rapidement, leurs possessions à l’ensemble de l’Orient latin et de l’Occident.
Ils élèvent commanderie,lieux de culte et châteaux pour accueillir les fidèles,abriter leurs 
communautés et défendre les territoires dont ils ont la garde.


Centre économique, pôle de pouvoir militaire et seigneurial et espace de vie monastique,qui tient à la fois du monastère traditionnel,de l’exploitation agricole,du palais aristocratique et parfois du château.
Un mythe tenace ,popularisé par Viollet-le-Duc( né le 27 janvier 1814 à Paris et mort le 17 septembre 1879 à Lausanne, est un architecte français, connu auprès du grand public pour ses restaurations de constructions médiévales.)
veut que les Templiers aient systématiquement bâtie leurs églises selon un plan centré,sur le modèle du Saint Sépulcre de Jérusalem.
En réalité ,en dépit de quelques exemples fameux(les rotondes de Londres,Paris  ou Tomar),ils ont privilégié des constructions bien plus simples.
S’il n’existe pas de modèle unique d’architecture templiére,les frères s’étant pliés aux répertoires stylistiques et techniques locaux,on note toutefois des plans de prédilection qui révèlent l’esprit de simplicité et d’austérité qui imprègne l’ordre à ses débuts.La nef unique voutée en berceau brisé,terminée par une abside ou le plus souvent par un chevet plat,est une constante que l’on retrouve dans les églises conventuelles,mais aussi dans les chapelles castrales(rattaché à un château).La simplicité des élévations et la discrétion des éléments sculptés laissent en revanche la place aux décors peints,dont les rares exemplaires conservés sont à Cressac , à Pérouse ou en Catalogne.Il est possible d’identifier des familles d’églises stylistiquement homogènes à l’échelle d’une région.Ainsi,en Aquitaine,dans un espace marqué par l’efflorescence du décor roman,les chapelles Templiéres s’en tiennent au modèle du vaisseau unique,simplement éclairé au chevet par trois baies d’inspiration toute cistercienne.en Catalogne,les frères sont les premiers à utiliser l’arc diaphragme-solution de couvrement riche d’avenir-,qu’ils adaptent successivement aux constructions romanes et aux premières expériences gothiques.Au XIIIe siècle,l’ordre n’est pas insensible à ce nouveau style qu’il transporte du berceau francilien-le Temple de Paris,Epailly ou Rampillon-aux terres méridionales.Ainsi la chapelle du Temple d’Avignon ou la vaste église de Villalcàzar de Sirga,en Vieille-Castille,portent-elles les marques du gothique rayonnant.Preuve que les Templiers peuvent,à l’occasion,diffuser des formes et techniques nouvelles.C’est dans le domaine de l’architecture militaire que ces transferts sont les plus évidents,même s’il est délicat d’en déterminer précisément les canaux de diffusion.En occident,si les Templiers se sont conformés aux techniques et aux vocabulaires stylistiques locaux,commanderies, églises et châteaux n’en portent pas moins leur marque.L’aspect fonctionnel prime toujours,mais les frères n’ont pas hésité à adopter et à diffuser certaines nouveautés lorsqu’il s’agissait d’améliorer la défense d’un château ou d’exalter le rayonnement  spirituel d’un lieu de culte.
 D‘aprés un texte de Damien Carraz