LE PONT TEMPLIER LE PLUS VIEUX D’ÎLE DE FRANCE

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Supportant la route empierrée qui mène le promeneur à pied au hameau neuf de Balizy répondant au nom de Clos de la Commanderie, le pont a été construit par les Templiers.Digital StillCameraIl suffit pour s’en convaincre d’observer, à la base d’une des arches, la croix pattée gravée dans la pierre, parfaitement identifiable encore de nos jours.Digital StillCamera C’est aujourd’hui le pont le plus vieux d’Ile de France, et il fut classé Monument Historique en 1930. Il convient saluer ici avec reconnaissance le travail et le dévouement de MM. Pautet et Amaury et de leur équipe qui ont permis le défrichage du site et la remise en état du pont. Victor Chaudun, le fils de l’archéologue Albert Chaudun, le décrivait ainsi dans un article qu’il publia en 1950. « Ce pont, qui a été classé le 11 octobre 1930, grâce à M. Albert Chaudun, archéologue, mesure une quarantaine de mètres, comporte trois arches de style roman et, sous la plus grande, le Rouillon coule encore. C’est à la base de cette arche, qui forme un tunnel d’une vingtaine de mètres de long, que M. Chaudun découvrit une pierre sculptée de la croix de Jérusalem, symbole de l’Ordre du Temple.Digital StillCamera Cette croix pattée est très simple, gravée horizontalement et mesure 17 centimètres de long sur 13 centimètres et demi de haut. Sur le pont construit au XIIIe siècle par les Chevaliers du Temple, passe la route pavée menant de Longjumeau à la ferme du petit Balizy. Le ruisseau du Rouillon, de deux enjambées de large, s’appelait, il y a plusieurs siècles « ru lion », et était beaucoup plus important et plus capricieux qu’aujourd’hui. Il traverse la commanderie et a été canalisé par les moines, dans son cours actuel, avec des dalles de grès disposées tous les vingt à trente mètres, et barrant le lit dans toute sa largeur. Il y a ainsi une douzaine de déversoirs s’écoulant l’un dans l’autre, et servant probablement de viviers à poissons, ou à la culture du cresson. Il y avait un chemin pénétrant dans cette Commanderie venant de la route de Longjumeau, il y avait un gué, à deux cents mètres en aval des ponts, et il existe toujours à son débouché dans le hameau, et porte un nom curieux : chemin du chariot d’or. »Digital StillCamera L’architecture du pont est conforme aux techniques de l’époque, qui sont encore très proches de celles des Romains : arches voûtées en berceau, contrefort entre deux arches pour un meilleur maintien. Trois arches se succèdent : une sous laquelle coule encore le Rouillon et deux arches jumelles qui sont barrées d’un côté par deux forts murets dont l’un est aujourd’hui endommagé. Digital StillCameraCes deux murets servaient à contenir les eaux du Rouillon de façon à créer un étang de retenue. Un autre pont, de facture comparable mais moins spectaculaire, enjambe le Rouillon en amont. Le gué, en aval, a été réaménagé. De tels travaux de maçonnerie répondaient à un dessein précis. Il s’agissait en effet d’une véritable entreprise de domestication du cours de la rivière..

Les Templiers n’ont pas seulement domestiqué le cours de la rivière. Ils ont aussi pratiqué une dérivation à partir de son cours de manière à créer un étang artificiel.Digital StillCamera

De nos jours il est complètement à sec , mais on en voit encore parfaitement la trace dans cette vaste cuvette qui vient buter sur le grand pont de Balizy, au niveau des deux arches. Les murets, dont l’un subsiste entier, faisaient en effet office de barrage de retenue. Les eaux du Rouillon remplissaient ainsi la cuvette ménagée dans le sol. Pour contenir une toujours possible montée des eaux, l’espace laissé libre entre les murets et les voûtes permettaient de libérer le flux qui rejoignait en aval du pont le cours de la rivière.La puissante maçonnerie des piles des arches jumelles étayées en outre par des contreforts ainsi que la longueur de ce couloir voûté qui passe sous la large route dallée laissent à imaginer la force que pouvait être amenée à exercer sur ce barrage l’énorme masse d’eau qui constituait l’étang.

A ce jour, le Rouillon quant à lui poursuit son cours parallèle, passe le pont sous l’arche qui lui est réservée, et s’en va rejoindre l’Yvette, au-delà de la maison de Balizy dont rien, hélas, ne subsiste plus…

 

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