COMMANDERIE DU RUOU

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Extrait du site  http://commanderieduruou.free.fr

« La Commanderie du RUOU qui rayonnait de la vallée du Verdon à la Méditerranée allait devenir la plus importante de Provence et probablement une des trois principale de France. »

L’ordre des Chevaliers du temple fut fondé en 1119 à Jérusalem sur l’instigation d’un Chevalier champenois HUGUES de PAYNS.                                                               L’Ordre essaima dans toutes les directions, mais étant donné l’intense activité qui régnait en Méditerranée, c’est surtout dans le sud de la France et notamment en Provence que les frères du Temple s’installèrent.

La première Commanderie qui fut implantée en 1136 à RICHERENCHES (Vaucluse), donna naissance aux autres Commanderies du nord de la Provence et notamment à celle du RUOU sur la commune de Villecroze près de Lorgues.

Elle fut fondée vers 1150-1155. Le plus ancien document qui la mentionne date de 1156 : il traite de la donation faite aux frères du Ruou par les seigneurs de Flayosc de biens sis au Ruou, Salgues et Salguettes.Le domaine s’agrandit rapidement et les Commandeurs successifs créèrent des fermes, des granges et des maisons indépendantes. Au total les exploitations couvrirent un millier d’hectares répartis sur 28 communes dont Draguignan, Tourtour, Callas, Entrecasteaux et surtout Lorgues où les Commandeurs résidèrent jusqu’en 1193.  Le premier Commandeur fut en 1170 HUGUES RAYMOND de VILLACROS.

Au total, 32 Commandeurs se succédèrent et le nombre des Frères Chevaliers atteignit un effectif quatre fois supérieur à la moyenne des autres commanderies. En 1223 on notait ainsi à côté du Commandeur, la présence de 16 Frères, du Chapelain et d’un nombreux personnel de service.  

L’année 1307 vit l’arrestation des Templiers par Philippe le Bel. L’Ordre fut dissous en 1312 par Clément V (Premier Pape d’Avignon). Les biens furent transférés aux Hospitaliers qui poursuivirent leur exploitation jusqu’en 1193. A partir de 1460 aucun texte ne fait plus mention du RUOU. Vers 1843 une fabrique de tomettes vint occuper les lieux et a fonctionné jusqu’en 1914.

La commanderie est peu à peu tombée en ruine et un classement de la chapelle par les Monuments historique en 1929 n’a malheureusement rien changé au problème. A cette date pourtant la toiture de ce bel édifice roman existait encore. Le domaine des Templiers, situé à l’extrême limite sud de la commune de Villecroze, s’étend sur 19 hectares de pins, de chênes et de friches, au revers d’un vallon au fond duquel, en contre bas de 30 mètres coule le ruisseau du RUOU.   Ce versant orienté au sud-ouest, présente une pente naturelle de 20 % au sommet de laquelle sont implantés sur trois niveaux les bâtiments de la Commanderie. De ce site privilégié, où une demi-douzaine de sources font résurgence, s’offre une très large vue jusqu’aux horizons boisés de Villecroze, Tourtour et Canjuers » Autour d’une cour intérieure, magnifiquement exposée, les vestiges importants des bâtiments de l’ancienne Commanderie attestent par leur disposition la vie interne de ce patrimoine exceptionnel.

Il semble que l’apogée de la Commanderie se situe au milieu du XIII ème siècle, date à laquelle le domaine semble pratiquement constitué grâce à trois types d’acquisitions: Donations, Achats, Echanges. Au XIII ème siècle, membre de droit de la Chambre Capitulaire de St Gilles, la Commanderie du Ruou avait atteint sur les plans administratif et territorial pratiquement la première place des établissements de ce genre en Provence. Par l’étude de ses possessions et de l’importance de ses effectifs, elle joua ainsi un rôle considérable dans la vie économique de toute la région, notamment dans les villages environnants.
En 1308, quand les biens du temple furent mis sous séquestre en Provence par les autorités civiles, selon le mandement du Pape, la Commanderie du Ruou était devenue le principal propriétaire terrien de la région, s’étendant sur 28 communes. Les terres exploitées directement par les serviteurs, en dehors des bois, garrigues et terres incultes dont la superficie est impossible à évaluer, couvraient prés d’un millier d’hectares , soit environ 600 hectares de terres labourables, 130 hectares de vignes et 34 hectares de prés, etc… .

« Les Commandeurs du Ruou »

1170 : Hugues Raimond ( de Villacros )
1180:Pons de Rigaud
1195 Bertrand de Gardannes
1195 Bertrand Hugues
1200:
1203: Bernard Aimeric ( Vice Précepteur )
1205: Bernard de Claret ( Précepteur )
1205: G. Gralons
1206: Bernard de Clairet de Claret
1215: Roger (Vice Précepteur )
1216: Rostang de Comps
1222: R. Laugier ( Précepteur )
1224: Rostang de Comps
1229: R. Laugier ( Précepteur )
1233: Pons Vitrerius
1235: Rostang de Comps
1236: Pierre de Boisesono Boysson
1241:Ugues de Milmeranda
1248: Rostang de Comps
1251: Rostang de Boiso ou Buxo de Buis
1255: Guillaume de Mujoul ( Précepteur)
1256: Alaman
1260:Rostang de Boiso de Buis
1265: Boncarus ( Précepteur )
1269: Albert Blacas
1284: Pierre Geoffroi
1298: Albert Blacas de Baudinard
1305: Hugues de Rocafolio
1307: Bertrand de Silva de la Selve ( Précepteur )
1308: Geoffroy de Pierrevert

« Après l’abolition de l’ordre »

L’abolition de l’Ordre et l’arrestation des templiers en 1307/1308 modifia rapidement la situation.

Malgré les injonctions du Roi de France, Philippe le bel ( La Provence n’était pas encore terre du Royaume ) Charles II d’Anjou Comte de Provence et Roi de Sicile ne sévit pas contre les Templiers avec l’implacable rigueur que l’on eut à déplorer dans le reste du Royaume de France. Si leurs biens furent peu à peu transférés aux Hospitaliers, les Frères du temple purent discrètement se réfugier dans la clandestinité. On en retrouve plusieurs dans les rangs même de « l’Hôpital » ou dans les monastères cisterciens, ou encore au Portugal et en Espagne dans un nouvel Ordre créé à leur intention.   L’ordre du Christ. En 1310, l’avant dernier Commandeur du Ruou, Bertrand de la Selve étaient emprisonné à Montpellier en compagnie du dernier Commanduer de Saint Gilles, Bernard de Siaugues, le dernier Commandeur du Ruou, Goeffroi de Pierrevert, fut lui , interrogé par les inquisiteurs.En 1338, le Ruou qui avait été transmis aux Hospitaliers de Saint Jean comptait 14 frères parmi lesquels 2 anciens Templiers revenus au cours d’une visite faite pour le compte du Grand Prieuré de Saint Gilles: Raymond d’Orange et Gil Pasqueisas.

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