LES TEMPLIERS A JERUSALEM

LES TEMPLIERS A JERUSALEM

Les Croisades ont duré deux siècles et ont définitivement changé le cours de l’histoire de l’Europe. Le rôle et le pouvoir visibles des Papes Catholiques Romains ont été renforcés tandis que la population était soumise à une manipulation intellectuelle et religieuse intense.

Mais en secret, des modifications profondes du credo et de la foi des Chrétiens ont été initiées. Les contacts et échanges qui prirent place avec les mystiques de l’Islam
et du Judaïsme ont alimenté le besoin d’un retour à la Tradition ésotérique et réintroduit les sciences occultes dans la culture européenne.

Ces marches enthousiastes de la population et de chevaliers, arborant une croix d’étoffe sur leur poitrine, ont été savamment encouragées par les autorités religieuses, dans un contexte précis. Sylvestre II accéda à la papauté en 999, à l’aube du millénaire. L’anniversaire du Christ approchait, ainsi que l’anniversaire de la destruction du temple de Jérusalem. Le pape était-il affecté par les idées millénaristes du moment ou recherchait-il des informations spécifiques sur Jérusalem et les acteurs de son passé? Il pris contact avec le Calife et organisa en 1001 une expédition de moines chroniqueurs en Syrie et en Palestine:

NOTE : « Littéralement le millénarisme se réfère à la croyance, exprimée dans le Livre des Révélations, que le Christ établira un règne de mille ans de tous les saints sur terre avant le jugement dernier. D’un point de vue plus général, les millénaristes attendent des temps de paix surnaturelle et d’abondance « ici sur cette terre ».
Richard Landes (Millenialisme, Millénarisme, chiliasme 02) extrait d’un article de l’Encyclopédie des religions du monde, 1999 par Merriam-Webster

Encyclopedia of World Religions, 1999)

« Al-Hakin accueillit l’entourage du pape avec honneur et passa plusieurs semaines à Jérusalem, discutant avec eux des vertus de l’Islam comparé avec le Christianisme. Il fut si impressionné par leur sincérité qu’en Septembre 1002, le Calife leur permit d’utiliser l’Eglise Grec Byzantine proche de Jérusalem pour leur chapitre et leur bibliothèque. Malheureusement, Al-Maqqari, historien majeur du XIIIe siècle ne nomme ni le nom de cet entourage ni la localisation de leur ordre. Il mentionne simplement que les moines étaient présents en tant que chroniqueurs et historiens. Au moment de la première croisade, ils étaient établis dans une basilique Grecque sur le mont Sion et sous le nom d’ Ordre de Notre Dame du Mont Sion. »

Entre 970 et 1020, une série de chefs-d’œuvres a été produite par l’une des écoles de peinture les plus influentes d’Europe, située sur une île au milieu du Lac de Constance, dans l’Abbaye Bénédictine de Reichenau. Sous la responsabilité des moines Bénédictins et commissionnés par l’Empereur, par des Rois et des Archevêques, les moines-artistes ont copié sur fond d’or des textes liturgiques et les ont ornés de précieuses enluminures.

L’une des œuvres les plus importantes de cette série est l’Apocalypse de Bamberg, dont on attribue la commande à l’Empereur Otto III (décédé en 1002) et qui reproduit le texte de l’Apocalypse. Ce chef d’œuvre comprend 57 miniatures sur fond d’or et 100 lettres dorées. L’empereur mourut avant la fin de sa réalisation et son successeur Henri II en fit don à l’Abbaye Collégiale de Saint Stephane à Bamberg en 1020.

Le texte de l’Apocalypse annonce l’émergence d’un monarque, représentant du Christ sur terre :

« Et je vis le ciel qui était ouvert; il parut un cheval blanc; celui qui le monte est appelé Fidèle et Véritable, et il juge et combat avec justice. Ses yeux étaient comme une flamme de feu; sur sa tête étaient plusieurs diadèmes. Il avait un nom écrit que personne ne connaît, si ce n’est lui-même. » Apocalypse19: 11

Ce monarque participe à l’établissement de la Nouvelle Jérusalem, laquelle selon Saint Jean doit être construite après le Jugement Dernier:

« Puis, je vis un grand trône blanc, et celui qui était assis dessus…Et je vis descendre du Ciel, d’auprès de Dieu, la Ville Sainte, la Nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux…. Et celui qui était assis sur le trône dit: « voici je fais toutes choses nouvelles…Je suis l’Alpha et l’Omega, le commencement et la fin. A celui qui a soif, je donnerai de la source de l’Eau de la Vie gratuitement. » Apocalypse 21 :2-6.

En fait, conseiller auprès de la famille impériale germanique, Sylvestre rêve probablement d’établir un monarque à Jérusalem, en réponse aux prophéties de l’Apocalypse. Enfin, Sylvestre, assisté par ses moines chroniqueurs, a peut-être établi une généalogie lui permettant de considérer Otto III comme l’héritier Divin au Trône du Christ. Nous rappelons que le même Otto a reçu l’Epée de Longinus.

Sylvestre II ne verra pas la réalisation de ses projets. Le pieux et idéaliste empereur meurt à l’âge de 21 ans en 1002 tandis que son brillant conseiller s’éteint le 12 mai 1003. On dit que leurs décès sont suspects…

Une série de Papes succède à Sylvestre. Jérusalem tombe une fois de plus aux mains des infidèles turcs en 1071. Urbain II assume le rôle de pape en 1088. Soutenu par la majorité des souverains européens, il se focalise sur la réunification des Eglises d’Orient et d’Occident, séparées depuis le Grand Schisme en 1054. Au Moyen-Orient, l’Empereur Alexius I Comnenus (règne : 1081-1118) fait face aux Turcs, qui reprennent Jérusalem en « 1076 ? »et marchent sur Constantinople. En 1095, à l’occasion du Concile de Plaisance, Alexius propose l’union des nations et des Eglises Chrétiennes orientale et occidentale pour lutter contre les hordes musulmanes. Urbain II en profite pour asseoir son pouvoir et pour utiliser à bon escient l’énergie guerrière des chevaliers.

Le 27 novembre 1095, le pape Urbain II, après avoir convaincu les monarques au pouvoir, fit un appel au peuple et aux chevaliers, leur demandant de conquérir la Palestine, afin de libérer à la fois le Saint Sépulcre et les Chrétiens du joug Musulman. Cet appel déclencha la première croisade qui débuta en 1096.

Le premier assaut, conduit par Pierre l’Hermite, rassembla une foule anarchique de 20 000 volontaires sans connaissances ou direction militaire. Après avoir au passage attaqué des communautés juives, ils succombèrent aux Turcs.

Puis, une armée suivit, organisée en sections à la tête desquelles se trouvaient :

– Godefroi de Bouillon, duc de Basse-Lorraine et son frère Baudouin.

– Bohemond, Prince Normand de Taranto, en Italie et son neveu Tancrède.

– Raymond, Comte de Toulouse et Saint Gilles

– Robert de Normandie, fils de Guillaume le Conquérant ainsi que Robert de Flandres et Stéphane de Blois, beau-fils de Guillaume.

– Hugues, Comte de Vermandois.

Michael El Nour

 

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